SnowStreak
FR
Sur iPhone

Cuisses qui brûlent au ski : pourquoi et que faire

Tes cuisses brûlent au ski parce que tes quadriceps freinent à chaque virage en restant contractés, ce qui comprime leur propre circulation sanguine. L'acide lactique n'est pas la vraie cause. Une position moins en arrière, des descentes coupées en morceaux et quelques semaines de chaise, d'intervalles et de squats lents repoussent la brûlure.

Mis à jour:

Tu connais ce moment. Au milieu d'une longue piste rouge, tes cuisses commencent à brûler, puis à trembler, et tu t'arrêtes sur le bord. Ça arrive aussi aux bons skieurs, surtout les premiers jours de la saison. Cette brûlure a des causes claires. Tu peux en changer la plupart : certaines dès aujourd'hui sur les pistes, le reste avec quelques semaines d'entraînement à la maison.

Pourquoi les cuisses brûlent-elles au ski ?

Le ski demande à tes quadriceps un travail inhabituel. Dans la plupart des sports, ils te poussent vers le haut ou vers l'avant. En ski, ils freinent surtout. À chaque virage, ta jambe extérieure plie sous la charge et le quadriceps s'allonge tout en te retenant. C'est ce qu'on appelle le travail excentrique. Une étude sur des coureurs de géant de niveau mondial a montré que cette phase de freinage durait environ deux fois plus longtemps que la poussée, avec une activité musculaire proche d'un effort maximal en laboratoire[1]. Tes virages sont plus lents et plus doux, mais le principe est le même : tes cuisses freinent bien plus qu'elles ne poussent.

La deuxième cause, c'est la position. Fléchi, le quadriceps reste contracté pendant toute la descente, presque sans pause. Un muscle contracté comprime ses propres vaisseaux sanguins. Des chercheurs ont mesuré l'oxygène dans le muscle de la cuisse de 30 jeunes coureurs pendant qu'ils skiaient. Dans la position plus basse du géant, le volume de sang dans le muscle baissait davantage et l'oxygène chutait plus, presque autant qu'avec un brassard qui bloque la circulation de la jambe. Les auteurs y voient le signe d'une circulation réduite dans le muscle au travail[2].

Mets les deux ensemble : un muscle qui travaille dur, sans pause, avec moins de sang frais qu'il n'en faut. Résultat : une brûlure qui monte à chaque virage et disparaît une ou deux minutes après l'arrêt.

Est-ce l'acide lactique ?

Pas comme on le croit souvent. La vieille explication dit que le muscle fabrique de l'acide lactique, que l'acide s'accumule et que c'est lui qui brûle. Les biochimistes du sport l'ont démontée. L'acidité vient d'autres réactions dans le muscle, et la production de lactate ralentit même la baisse du pH au lieu de la provoquer[3]. Le lactate indique que ton muscle travaille fort. Ce n'est pas le coupable.

Alors, que ressens-tu ? Dans une expérience, des chercheurs ont injecté à des volontaires de petites quantités des substances produites par un muscle au travail : de l'acide (des protons), du lactate et de l'ATP. Seules, elles ne provoquaient presque rien. Ensemble et à faible dose, elles donnaient une sensation de fatigue. À plus forte dose, de la douleur[4]. La brûlure, ce sont tes nerfs qui lisent ce mélange comme un signal d'alerte, pas un acide qui attaque le muscle.

C'est aussi pour ça qu'elle passe vite quand tu t'arrêtes. Les courbatures du lendemain matin, c'est autre chose. Elles viennent du travail de freinage lui-même et montent sur un ou deux jours. Si c'est ton problème, lis que faire contre les courbatures après le ski.

Skies-tu sur l'arrière ?

Les moniteurs voient une cause plus que toutes les autres : skier sur l'arrière. Quand ton poids est derrière tes pieds, les hanches reculent et tes cuisses doivent te porter comme sur une chaise sans assise. Ça brûle tôt et fort.

Les signes que tu es sur l'arrière :

La correction est simple. Fléchis les chevilles pour que tes tibias appuient légèrement sur la languette. Garde les mains devant toi, dans ton champ de vision. Place les hanches au-dessus des pieds, pas derrière. En te tenant plus droit avec les chevilles fléchies, c'est ton squelette qui te porte et le quadriceps travaille moins en statique. Si tu ne sens pas la différence, un cours avec un moniteur ou une monitrice vaut souvent plus que n'importe quel exercice.

Comment éviter que les cuisses brûlent sur les pistes ?

Tu ne peux pas t'entraîner dans la file du télésiège, mais tu peux skier plus malin dès aujourd'hui.

Quel entraînement aide contre les cuisses qui brûlent ?

La meilleure solution commence des semaines avant ton premier jour de ski. Il te faut trois choses : des muscles qui tiennent une position longtemps, des muscles qui récupèrent vite entre deux efforts, et des muscles forts quand ils s'allongent. Une préparation au poids du corps à la maison couvre les trois.

La chaise contre le mur pour tenir

La chaise reproduit la partie statique du ski. Descends le long d'un mur jusqu'à ce que tes genoux soient fléchis, tiens et continue de respirer. Commence par 30 secondes et ajoute un peu chaque semaine. Genoux au-dessus des pieds, pas devant les orteils.

Les intervalles pour les longues pistes

Une descente n'est pas un seul effort. C'est une série de virages avec de minuscules pauses. L'entraînement par intervalles, avec des phases d'effort et de repos de 30 à 50 secondes, travaille exactement ça : effort, courte récupération, effort. Squats, sauts de patineur et mountain climbers en séries courtes construisent l'endurance qui repousse la brûlure jusqu'en bas de la piste.

La descente lente pour la force de freinage

Le ski, c'est surtout du freinage, alors entraîne le freinage. Prends trois secondes pour descendre dans chaque squat ou fente, puis remonte à vitesse normale. Dans une étude avec de jeunes skieurs alpins, six semaines d'entraînement excentrique, trois fois par semaine, ont augmenté la masse musculaire de la cuisse et la hauteur de saut plus que la musculation classique seule[5]. Pas besoin de leur vélo spécial. Les squats lents et les fentes arrière utilisent le même principe.

Deux à trois séances par semaine suffisent pour construire du muscle, selon le programme de la Suva, l'assurance accidents suisse[6]. Commence six semaines avant si tu peux. Lis quand commencer la préparation au ski, le programme de préparation physique au ski sur six semaines et les exercices de ski à la maison.

Quand la brûlure n'est-elle plus normale ?

Une brûlure musculaire qui passe quand tu t'arrêtes est normale. Le reste, non. Consulte un médecin ou un kiné si tu ressens une douleur vive ou lancinante, une douleur dans l'articulation du genou plutôt que dans le muscle, un gonflement, un engourdissement, ou une douleur qui dure plusieurs jours ou s'aggrave. Arrête tout exercice qui fait mal, comme le conseille aussi la Suva[6]. Pour les genoux, lis comment prévenir les blessures au genou en ski.

Te préparer avec SnowStreak

SnowStreak est une app iPhone qui te donne six semaines de séances de 17 à 22 minutes au poids du corps avant la saison, trois par semaine. La séance A contient la chaise, les squats et les fentes, la séance C travaille la puissance et l'endurance en intervalles. Il te faut un peu de place au sol et un mur. La semaine 1 est gratuite, sans compte.

Questions

Pourquoi mes cuisses brûlent-elles si vite au ski ?

Tes quadriceps freinent à chaque virage et restent contractés toute la descente, ce qui limite leur circulation. Skier sur l'arrière et des jambes non préparées font venir la brûlure plus tôt.

La brûlure vient-elle de l'acide lactique ?

Non. La production de lactate ralentit même la baisse du pH dans le muscle. La brûlure vient d'un mélange d'acide, de lactate et d'ATP que tes nerfs lisent ensemble comme un signal d'alerte.

Comment éviter les cuisses qui brûlent sur les pistes ?

Avance ton poids en fléchissant les chevilles, redresse-toi un peu entre les virages, coupe les longues pistes avec de courts arrêts et repose tes jambes sur le télésiège.

Quels exercices aident contre les cuisses qui brûlent au ski ?

La chaise contre le mur pour tenir, des séries d'intervalles avec squats et sauts pour l'endurance, et des squats et fentes en descente lente pour la force de freinage. Deux à trois séances par semaine pendant environ six semaines.

Est-ce normal que mes jambes tremblent après quelques descentes ?

Les premiers jours de la saison, oui. Fais plus de pauses et choisis des pistes plus faciles. Une douleur vive, une douleur au genou ou un gonflement ne sont pas normaux : consulte un médecin ou un kiné.

Sources

  1. Berg HE, Eiken O, Tesch PA. Involvement of eccentric muscle actions in giant slalom racing. Medicine & Science in Sports & Exercise, 1995. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
  2. Szmedra L, Im J, Nioka S, Chance B, Rundell KW. Hemoglobin/myoglobin oxygen desaturation during Alpine skiing. Medicine & Science in Sports & Exercise, 2001. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
  3. Robergs RA, Ghiasvand F, Parker D. Biochemistry of exercise-induced metabolic acidosis. American Journal of Physiology, 2004. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
  4. Pollak KA, Swenson JD, Vanhaitsma TA, et al. Exogenously applied muscle metabolites synergistically evoke sensations of muscle fatigue and pain in human subjects. Experimental Physiology, 2014. pmc.ncbi.nlm.nih.gov
  5. Gross M, Lüthy F, Kroell J, Müller E, Hoppeler H, Vogt M. Effects of eccentric cycle ergometry in alpine skiers. International Journal of Sports Medicine, 2010. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
  6. Suva. Fit-Programm mit Loïc Meillard zum Schutz vor Verletzungen. suva.ch. www.suva.ch